UN MOMENT DE REFLEXION SUR  LE BREVET D’ETUDES PROFESSIONNELLES

 A l’attention

  • de la Direction Des Examens Concours Professionnels Et Certifications (DECPC),
  • des inspecteurs d’enseignements technique et de la formation professionnelle,
  • des chefs d’établissements de formation professionnelle.
  • du Ministère de l’Emploi, de la Formation Professionnelle, de l’Apprentissage et de l’Insertion (MEFPAI).

UN MOMENT DE REFLEXION

Vous demandez à votre enfant ce qu’il veut devenir, il vous répond : je veux devenir électricien ou ingénieur en mécanique générale. Vous êtes content ! Ok vous réfléchissez un moment et vous lui dites que vous allez l’inscrire dans l’un des meilleurs établissements avec les meilleurs programmes en électricité ou de mécanique générale. Vous êtes content du fait que votre enfant ait un objectif car il veut apprendre un métier et devenir quelqu’un dans la vie. Même si votre revenu ne vous permet pas d’honorer correctement les mensualités de votre enfant, vous vous débrouillez avec le peu que vous avez, vous vendez votre terrain et vous faites des heures supplémentaires pour être à jour. Parce que vous savez que : si vous ne payez pas, certains établissements n’hésiteront pas à renvoyer votre enfant pour cause de non payement.

Le programme de BEP s’étale sur deux ans. Les matières de spécialité en mécanique générale sont : l’analyse de fabrication, la technologie générale, le calcul professionnel, la construction mécanique et les travaux d’ateliers (tournage, fraisage et ajustage).

Ensuite viennent les autres matières transversales : techniques d’expression et de communication, anglais, législation et maths.

Je ne sous-estime en aucune manière ces dernières. Mais on a dit Spécialité :  Mécanique Générale. Cela veut dire que : si on parle de mécanique générale, c’est à cause de ces matières de spécialité.

La plupart des travailleurs qui se trouvent dans les entreprises industrielles sont des techniciens ou des ouvriers qui ont soit leur brevet d’études professionnelles soit des techniciens qui maitrisent leur métier et je peux dire aujourd’hui, si ce n’était pas ces ouvriers ou techniciens, beaucoup d’entreprises industrielles ne verraient leurs chiffres d’affaires évoluer ou fermeront tout simplement.

Je n’en doute pas une seule seconde que quelqu’un qui veut se surpasser et occuper certains postes de responsabilités, dans une société comme la nôtre, doit non seulement et nécessairement apprendre certaines matières transversales comme les techniques d’expression et de communication, la législation, les maths…ou s’autoformer avec l’aide de spécialistes. Une fois de plus je ne néglige pas ces matières transversales. Je suis un professeur de fabrication Mécanique et j’enseigne depuis plus de 15 ans. Je ne cesse d’apprendre pour me surpasser car j’en ai besoin.

Prenons un exemple vérifiable :

La SENELEC est une grande société qui fonctionnement 7 jours / semaine. J’ai vu dans cette société des grands travailleurs (ouvriers et techniciens, cadres …) dont certains n’ont fait aucunes études poussées. Mais je peux dire aujourd’hui, si ces gens arrêtaient de travailler quelque heures seulement dans certaines conditions, certaines localités du  Sénégal tomberaient dans un black-out.

A mon humble avis, je peux me tromper peut-être, je trouve qu’il y a une incohérence totale et illogique sur la   manière dont sont évalués ses candidats à l’examen du BEP .

Apres deux ans de formation et d’investissement bilatéraux, on élimine certains candidats avant même qu’ils n’aient à composer sur les matières de spécialités.

C’est la grande question que je me pose et dont je voudrais que ceux qui sont interpelés ou qui se sentent concernés se prononcent.

Durant toute l’année scolaire, les établissements investissent beaucoup dans l’achat de matières d’œuvres. Les enseignants sont payés pour avoir enseignés ces matières de spécialités des mois durant. Nous avons dans nos classes d’excellents élèves qui savent usiner, savent faire une bonne analyse de fabrication, savent faire des calculs professionnels et savent lire et exploiter des dessins industriels. Ces élèves pourraient faire fonctionner toute la partie industrielle d’une entreprise avec un peu d’expérience. Avec tous ces efforts, on  élimine environ 50% des candidats avant même qu’ils n’aient à subir des évaluations par rapport à ces matières. Alors qu’on sait que certains professeurs qui maitrisent ces matières de spécialités ont des difficultés par rapport à ces matières transversales. Parmi ceux qui sont en train de lire cet article, personne ne peut me garantir qu’il y a aucune faute dans le document qui se trouve sous vos yeux.

Et votre enfant est éliminé avant même d’être évalué sur ce qui vous a poussé à l’inscrire même si une formation est un tout.

Certains centres et d’établissements n’ont pas de  CDI pour aider leurs apprenants à mieux étudier.

Eliminons cette méthode d’évaluation et Asseyons autour d’une table et trouvons des solutions ensemble. Parmi les solutions possibles :

  • Faire comme l’évaluation du BT ;
  • par combinaison du contrôle continu et d’épreuves terminales ;
  • par unités ou modules de formation : Pour réussir son examen, il faut obtenir une moyenne générale égale ou supérieure à 12 ou11 sur 20 à l’ensemble des unités. Les candidats ajournés peuvent conserver les unités ou modules validés pour un nombre d’année raisonnable ( 2 à 3 ans maxi).

Laissons les entreprises faire ce tri à notre place en fonction de leurs besoins. Les meilleurs profils seront choisis, et les autres endosseront leur manquement. Nous devons tous savoir que l’apprentissage est continu et même en dehors de l’apprentissage scolaire. Beaucoup de personnes pensent qu’une fois leurs diplômes en poche, elles n’ont plus besoin d’apprendre quoi que soit, à par dans le cadre étroit des formation professionnelles payées à l’école ou par leur entreprise.

Mon but ce n’est pas pour critiquer, mais contribuer comme j’ai l’habitude le faire pour le fonctionnement du système éducatif professionnel.

Par Mahamadou SOW Alias SOW DP
Professeur en STI AU LTIDelafosse.
Auteur et conférencier en Développement Personnel
Tel: 78 536 78 79

Site internet : sowdp.com